Vendredi 25/11 à 19h30 Olympia Félix & Meira de Maxime Giroux(1h45)

Tout oppose Félix et Meira. Lui mène une vie sans responsabilité ni attache. Son seul souci, dilapider l'héritage familial. Elle est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d’un enfant, s’ennuyant dans sa communauté. Rien ne les destinait à se rencontrer, encore moins à tomber amoureux. 

 

Félix et Meira – Film de Maxime Giroux

Troisième long métrage de Maxime Giroux, Félix et Meira est la chronique d’un amour impossible entre un québécois francophone et une jeune mère de famille juive hassidique.

Troisième long métrage de Maxime Giroux, Félix et Meira est la chronique d’un amour impossible entre un québécois francophone et une jeune mère de famille juive hassidique. Portrait d’une rencontre de deux être issus de communautés évoluant en vase clos, le film parvient à briser les limites de sa montréalité et propose un regard sensible qui va bien au-delà de la simple histoire d’amour. Réflexion sur l’acceptation de l’autre malgré de profondes différences, sociales et religieuses, Félix et Meira fut sans conteste la plus forte production québécoise du Festival du Nouveau Cinéma 2014.

Les rôles principaux sont tenus par Martin Dubreuil que l’on avait vu dans Chasse au Godard d’Abbittibbi et qui nous offre avec ce rôle de Félix sa plus intéressante performance à ce jour. Luzer Twersky, jeune new yorkais lui-même exilé de la communauté hassidique, incarne Shulem, le mari de Maira, tandis que la comédienne israélienne Hadas Yaron est connue pour avoir remporté la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Fill The Void de Rama Burshtein. Malgré la diversité de leurs origines et de leur bagage, ces trois comédiens composent ici un triangle amoureux d’une force rare, démontrant par la même occasion l’étendue de la direction d’acteurs de Maxime Giroux. Une des qualités de ce film qui se retrouvera sans doute dans les palmarès de nombreux festivals et autres « tops » de 2015.

Dans une entrevue accordée à Philippe Couture du Voir Montréal, le réalisateur indiquait les origines de son processus d’écriture : Quand j’ai commencé le processus, j’avais plein de préjugés. J’étais défavorable à cette communauté, comme beaucoup de Québécois déconfessionnalisés. Le contact n’était pas toujours évident, mais j’ai rencontré des gens avec un sens de l’humour incroyable et un sens de la fête évident. Plus j’avançais dans le processus et plus je voyais leur profondeur, une spiritualité que je n’ai pas, un sens de la communauté – mais en même temps je continuais de trouver aberrant de les voir enfermés, contraints à ne jamais pouvoir vivre autrement. Le film témoigne de tout cela, je pense.

Félix et Meira a pris l’affiche en France quelques jours après sa sortie au Québec grâce au distributeur Urban Distribution. Aux USA, le film est sorti en avril 2015 dans 35 salles sous la bannière indépendante Oscilloscope. Ces deux marchés avaient droit à une affiche spécifique.

Principales récompenses

  • prix du meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto 2014
  • Louve d’or du meilleur long métrage de la compétition internationale du Festival du nouveau cinéma 2014
  • prix d’interprétation (Meilleur acteur à Luzer Twersky et meilleure actrice à Hadas Yaron) au Festival international du film d’Amiens
  • prix du meilleur film canadien au Festival du film francophone en Acadie
  • prix de la meilleure actrice et celui du meilleur acteur au Festival de Turin
  • prix du public au Festival Arte Mare de Bastia (Corse)
  • prix Tobias Szpancer du meilleur film de la section Between Judaism and Israelism du Festival international du film à Haïfa
  • meilleur film, meilleur scénario, meilleure réalisation ainsi que le prix de la meilleure interprétation à Hadas Yaron au Festival du film de Whistler

Trame sonore

  • After Laughter par Wendy Rene
  • Famous Blue Raincoat par Leonard Cohen
  • Cosi Veloce par Jonathan Richman
  • Didn’t it Rain par Sister Tharpe Rosetta
  • Yatzliach par Yirmiah Damen

 

 

Synopsis

À Montréal, dans le quartier juif. Félix est un hurluberlu francophone sans le sous, dont le père fortuné est mourant. Meira est une juive hassidique mariée et mère d’un enfant, à la recherche de nouveauté. Malgré l'écart culturel qui les sépare, Félix et Meira s'apprivoisent et finissent par s’amouracher l’un de l’autre. Isolés des regards extérieurs, ils vivent une relation complice et tendre mais plus que fragile. Lorsque Shulem, le mari de Meira, découvre le pot-aux-roses, l'univers de ce triangle amoureux bascule dans le drame.

 

Distribution

Martin Dubreuil (Félix), Hadas Yaron (Meira), Luzer Twersky (Shulem), Anne-Élisabeth Bossé (Caroline), Benoît Girard (Théodore), Josh Dolgin (Isaac), Mélissa Weisz

 

Technique

Genre: chronique - Origine: Québec, 2014 - Durée: 1h45 - Langue V.O.: français et yiddish - Première: 7 septembre 2014 au festival de Toronto (TIFF) - Date de sortie: 30 janvier 2015 au Québec ; 4 février 2015 en France - Visa: Général - Tournage: automne 2013 à Venise et New York et hiver 2014 à Montréal (environ 25 jours de tournage au total) - Budget approximatif: moins de 1 M$

Réalisation: Maxime Giroux - Scénario: Alexandre Laferrière et Maxime Giroux - Production: Sylvain Corbeil et Nancy Grant - Société de production: Metafilms avec l'aide financière de Téléfilm Canada et du fonds Harold Greenberg - Distribution: FunFilm Distribution

Équipe technique - Costumes: Patricia McNeil - Conception visuelle: Louisa Schabas - Maquillage et coiffure: Audray Adam - Montage: Mathieu Bouchard-Malo - Musique: Olivier Alary - Photographie: Sara Mishara - Son: Frédéric Cloutier

 

Infos DVD

Félix et Meira est disponible en DVD et VOD au Québec - Date de sortie: 12 mai 2015 - En France, le DVD est disponible depuis le 4 juin 2015 - Editeur : Urban Distribution

 

 

Critique

Félix et Meira : tendresse ordinaire

Allant plus loin que la romance qui unit un temps ses deux protagonistes, Giroux privilégie les ellipses et les silences pour faire de cette rencontre l’une des plus touchantes histoires d’amour produites au Québec, depuis Entre la mer et l’eau douce.

Solitude urbaine, déracinement, poids des traditions et des codes sociaux, on retrouve dans Félix et Meira les thèmes chers à Maxime Giroux. Même plongé dans une froideur hivernale palpable, cette troisième réalisation délaisse cependant la monotonie de la vie de banlieue qui marquait au fer rouge les deux premières propositions du cinéaste. Car c’est bien sur l’espoir d’une vie enfin libérée de l’emprise des codes moraux et religieux et sur l’irrépressible foi en l’autre que repose cette romance moderne, sans lendemain peut-être et presque trop banale. L’apparente simplicité du filmage et la sincérité du regard nous permettent de parfaitement apprivoiser la tendresse ordinaire de ces deux êtres emportés par leur désir de libération.

Mis en images par une direction photo tout en finesse et en sensualité signée Sara Mishara (dont on avait déjà apprécié l’approche dans Roméo Onze), les deux amants se côtoient en ayant consciemment – surtout de sa part à elle – l’impression d’aller à l’encontre de ce qui est permis. Elle est juive et coincée dans une vie étriquée, il est un peu artiste et sans attache. Mais au-delà de la transgression des codes et ne misant pas directement sur le discours politique (bien qu’il en soit indéniablement l’un des exemples les plus forts dans le cinéma québécois récent), Giroux baigne ces amours illégaux dans une épure stylistique et narrative propres à ce que l’on avait déjà constaté dans Jo pour Jonathan. Le film ne porte ainsi aucun des atours des romantiques ou passionnels traditionnellement réservés aux intrigues de ce genre. Giroux aborde la rencontre, la liaison cachée puis l’union charnelle avec une simplicité désarmante, sans pour autant sombrer dans la facilité, à preuve la scène finale, tout en ambigüité. Ici, les silences résonnent et les plans de mains qui se serrent, de caresses et de regards opposés ne transpirent rien d’autre que la lente beauté de l’apprivoisement.

Avec cette chronique de deux êtres déracinés, Maxime Giroux propose donc une délicate et sensible aventure humaine qui s’attarde à tisser des ponts entre des communautés distinctes qui s’ignorent. Ce n’est pas trop d’honneurs que de ranger Félix et Meira parmi la courte liste des plus belles histoires d’amour produites au Québec depuis Entre la mer et l’eau douce.

Félix et Meira – drame – Québec, 2014, 1h45 – un amour impossible entre une jeune femme juive hassidique mère de deux enfants et un québécois francophone solitaire – Avec: Martin Dubreuil, Hadas Yaron, Luzer Twersky – Scénario et réalisation: Maxime Giroux – Production: metafilms – Distribution: FunFilm

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