12ème Festival du Cinéma Japonais Contemporain KINOTAYO & Hommage à Takeshi Kitano

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The long excuse Extraits de presse

Sachio, romancier aussi célèbre que cynique, est marié à Natsuko mais il y a bien longtemps que leur amour s’est envolé. Yoichi est l’époux de Yuki, la meilleure amie de Natsuko. Chauffeur routier, il s’use à la tâche pour faire le bonheur de son épouse adorée et de leurs deux enfants. Les deux amies périssent brutalement lors d’un accident de bus. A l’image de leurs vies, la réaction des deux hommes sera opposée. Quand Sachio ne ressent aucune tristesse et doit feindre l’affliction, Yoichi est inconsolable. Bouleversé par le chagrin de ce dernier, Sachio lui propose son aide. Face au quotidien humble et difficile de cette famille, l’écrivain va peu à peu s’ouvrir à la compassion et à l’altérité, et réalisera la perte qu’est la mort de sa femme.

Le jour où sa femme s’est tuée dans un accident de car, Sachio, écrivain à succès déprimé et cynique, était dans les bras d’une autre. Vide, hébété, le veuf encaisse le choc en somnambule, enfermé dans une sorte de purgatoire affectif. Sa rencontre avec Yoichi, le mari d’une autre victime du drame et père de deux enfants, va tout changer… The Long Excuse est un film hanté par les fantômes de deux couples radicalement opposés. C’est une histoire d’amours mortes et d’amitiés vivantes, qui explore avec tact les différentes facettes du deuil, ou plutôt des deuils, dissemblables et fragmentés. Délicate mosaïque de séquences modestes, quotidiennes — un tri de photos, une sortie d’école, un verre au bar —, le film est touchant, singulier, tant qu’il préserve l’opacité de son héros blessé. Dès lors que ce dernier entreprend de s’aider lui-même en aidant les autres et se transforme en super-nounou pour bambins, le récit emprunte les chemins balisés de la rédemption made in Hollywood. La délicatesse des interprètes (même les plus jeunes) et la grâce discrète de la mise en scène permettent pourtant de dépasser le simple mélo. D’accepter les péripéties de cette « longue excuse ».

The Long Excuse est le premier des cinq long-métrages de Miwa Nishikawa à sortir en France, ainsi que l’adaptation de son propre roman éponyme. Sachio est un écrivain à succès, qui perd soudain sa femme dans un accident de car. Enfermé dans un égocentrisme aveuglant depuis des années, il se rend alors compte que cette perte ne provoque chez lui aucune émotion. Placé en témoin de la tentative de rédemption de ce personnage antipathique, voilà donc le spectateur livré à l’inévitable leçon de vie comme quoi il faut profiter du moment présent, et des êtres chers tant qu’ils sont là. Ce programme tendrait inévitablement à l’asphyxie du film, s’il ne parvenait à s’extraire dans sa dernière partie de cette voie pavée de lieux communs.

Reprendre vie

Miwa Nishikawa fait en effet le choix de dévier quelque temps de son scénario en ligne droite pour s’intéresser à l’intimité d’une famille en recomposition. Car Sachio n’est pas le seul à avoir perdu sa femme dans cet accident. Face à l’effondrement de Yoishi, un chauffeur de camion veuf lui aussi suite à l’accident de car, l’écrivain propose de venir s’occuper de son fils et de sa fille durant ses longues journées d’absence sur les routes. Or c’est pendant ces scènes de quotidien que le film s’éveille enfin à la vie. Sachio regarde ces enfants qui parviennent à se débrouiller sans son aide, essayant de comprendre comment ils fonctionnent. La situation offre à à la réalisatrice l’occasion de s’arrêter dans le petit espace de l’appartement fourmillant de détails et d’objets que les enfants utilisent à leur guise. La caméra se place à la bonne distance, ne se contente plus d’isoler des visages, captant les maladresses qui jonchent cette cohabitation et construisent les bases d’une relation familiale. Les jeunes acteurs improvisent, entraînant le comédien / personnage à les suivre. Sachio se rapproche ainsi de l’aîné, garçon travailleur et orgueilleux en qui il se reconnaît, ce dernier commençant à se considérer comme un élément supérieur de cette famille aux origines sociales modestes. L’écrivain décide alors de s’atteler à prévenir la reproduction de sa propre trajectoire, nous ramenant invariablement dans l’entreprise de rachat moral annoncé par le titre. Mais un contact entre les personnages existe désormais, comme cet échange de regard silencieux par-dessus un cahier de devoir, dans l’obscurité d’une chambre d’enfant. Ces quelques instants suffisent à faire décoller le film : le drame humain s’articule désormais autour de la question de l’absence, fonctionnant par petites touches émotionnelles. « Être là » devient tout l’enjeu que poursuit Sachio, et son retour au monde s’accompagne de la naissance de son personnage à l’écran en même temps que la révélation sensible de tout ce qui l’entoure.

 

«L'enfer, c'est les autres». C'est en tout cas ce que pense Sachio, romancier aussi célèbre que taciturne, qui n'a jamais digéré le fait de porter le nom d'un joueur de baseball encore plus connu que lui. Il est interprété par l'un des acteurs nippons les plus appréciés du moment, Masahiro Motoki («Departures»), qui donne une carapace ultra-sensible à cet homme que l'on apprend vite à haïr pour mieux l'aimer quand il apprend le goût de la vie au contact de la famille de Yoichi. Premier film de Miwa Nishikawa à être distribué en France, «The Long Excuse» révèle une écriture sensible et appliquée qui prend son temps pour dresser le portrait d'un homme complexé par l'amour. La parenté avec le cinéma de Hirokazu Kore-Eda («Tel père, tel fils») n'est pas fortuite : Miwa Nishikawa était son assistante sur «Distance» et le cinéaste avait produit le premier essai de la réalisatrice.

Comme nous l'avions noté dans notre chronique de Close-Knit, sélectionné aux côtés de The Long Excuse en compétition au Festival Kinotayo, il y a d'autres femmes cinéastes japonaises cachées dans la grande ombre de Naomi Kawase. Nous vous avons parlé ces dernières années de jeunes espoirs dans des registres aussi différents que Ayumi Sakamoto (le drame Forma) ou Mari Asato (les films d'horreur Bilocation, Zero), mais Miwa Nishikawa (réalisatrice de The Long Excuse) comme Naoko Ogigami (Close-Knit) appartiennent à une autre génération qui n'a jamais été distribuée chez nous. C'est désormais le cas pour Nishikawa qui accède enfin aux salles françaises.

The Long Excuse appartient à un genre que le public français a pu apprivoiser : le mélodrame familial japonais, ici dans la lignée d'un Kore-Eda. Ce n'est peut-être pas un hasard si le ton de ce drame doux-amer, qui n'élude pas la noirceur mais dont le cœur bat fort, rappelle en partie le réalisateur de Tel père tel fils, car Nishikawa a été son assistante. Avant le drame terrible (deux amies, chacune mariée, périssent alors qu'elles partent en vacances), Nishikawa ouvre son film par une scène d'une douceur intimiste (l'une des héroïnes coupe les cheveux de son mari) mais déjà s'installe une tension entre eux. Sachio, romancier, n'a selon toute évidence que peu de considération pour son épouse. Mais le drame survient et quelle rédemption possible après ?

Nishikawa n'est pas là pour envoyer une carte postale réconfortante sur le deuil. Dans The Long Excuse, sous les cerisiers d'hanami, on a plutôt tendance à s'engueuler. Si le film envisage une possible réconciliation (avec soi-même, avec ses remords), il n'efface pas l'amertume : le silence de la solitude renvoie au silence de l'accident, et des disparues il ne reste que des photos, des cendres, un dessin sur le frigo. Nishikawa, à la fois critique et généreuse envers ses personnages masculins imparfaits, porte un regard délicat sur tout cela, ce tumulte intérieur, violent et étouffé. Idée de montage à la fois naïve et extrêmement poétique, à un plan de bulle s'élevant dans le ciel pour éclater succède un grand feu d'artifice muet. C'est en ne commentant pas trop que Nishikawa brille le plus, lorsqu'elle associe le vertige de la perte et le sens du détail comme autant de nuances dans ce poignant portrait.

Sa finesse d'exécution et le regard qu'il porte sur ses personnages, ainsi que sa manière d'évoquer la société nippone à travers son stakhanovisme et son refus de l'émotion affichée, attestent son talent et sa personnalité.

 

The Long excuse est le cinquième film de la cinéaste japonaise, Mira Nishikawa, mais seulement le premier distribué en France. On peut le regretter, tant cette ancienne assistante de Kore-eda, creuse avec beaucoup de sensibilité le même sillon que son maître, celui du drame intimiste et familial. Avec cette histoire de deuil partagé entre deux hommes que tout oppose, elle explore ainsi magnifiquement la complexité des sentiments et de l’âme humaine, dans une réalisation toute en élégance et en sobriété.

 

Un écrivain renommé et désabusé

La scène introductive du film dans laquelle Sachio – bouleversant Masahiro Motoki – se fait couper les cheveux par sa femme avant que celle-ci parte rejoindre une amie pour le week-end, est un chef-d’œuvre de concision. En quelques plans et peu de mots, elle suffit à exposer toute la complexité de son personnage principal. Écrivain renommé et désabusé, marié depuis 20 ans à Natsuko pour laquelle il n’éprouve plus guère de sentiment, Sachio est un homme plein de rancœurs et de regrets.

 

La disparition brutale de sa femme et de son amie dans un accident d’autocar, le laisse apparemment indifférent. Son cynisme le pousse même à mettre en scène son chagrin pour les caméras, lors de la cérémonie funèbre. Mais l’irruption de l’autre veuf, Yoichi, le mari de l’amie de sa femme, qui lui est inconsolable, va bouleverser sa vie. En permanence dans son camion pour faire vivre sa famille, cet humble chauffeur routier ne parvient à élever seul ses deux jeunes enfants. Sachio, fasciné par cette douleur qu’il ne parvient pas à éprouver et en mal d’inspiration pour son prochain roman, accepte d’aider Yoichi en gardant ses enfants durant son absence. Une expérience qui va le transformer.

 

Une formidable exploration des sentiments

« C’est l’histoire d’un homme qui n’a pas pu pleurer à la mort de sa femme », résume la cinéaste. Le point de départ du film donne lieu à une formidable exploration des sentiments d’un personnage tout en contradictions qui lutte aussi avec la part obscure de lui-même. Celle des désillusions qui ont peu à peu enterré ses rêves de jeunesse et l’ont renfermé sur lui-même. C’est au contact de cette autre famille, d’un milieu social très différent, et notamment des enfants, que lui-même a refusé d’avoir, que Sachio va prendre conscience de son humanité et reprendre sa vie en main.

 

Comme chez Kore-eda – on pense au bouleversant Tel Père, tel fils, la fable intime contient en filigrane la critique d’une société japonaise, socialement très clivée et repliée sur un individualisme forcené.

 

On peut d’ailleurs regretter que l’opposition entre les deux hommes, leurs conditions de vie, la façon d’exprimer leurs sentiments soit parfois un peu forcée. Les scènes avec les deux enfants – Schinpei et Akari – suffisent toutefois à illuminer le film dont l’émotion culmine dans une magnifique scène de plage. Là, dans une lumière quasiment surréelle, les deux hommes apaisés, évoquent avec émotion leur femme disparue et Sachio va alors réaliser l’ampleur de sa perte.

Perfect Revolution Extraits de presse

Parmi les films présentés lors du Kinotayo 2017, le festival du cinéma japonais contemporain, Perfect Revolution faisait clairement figure de curiosité. De par son pitch pour le moins surprenant, et adapté d’une histoire vraie, l’intérêt fut éveillé. Puis, de manière plus anecdotique, le fait que Sono Sion ait adoré l’un des précédents films du réalisateur, Still Human Beings, nous a aussi mis la puce à l’oreille. Et le résultat, à l’écran, confirme ces bons pressentiments.

 

Lui, Kuma, est paraplégique et obsédé par le sexe. Elle, Ryoko, est bipolaire et se prostitue. Lorsqu’ils se rencontrent, c’est le coup de foudre et ils décident de défier la société qui juge leur union impossible. Cependant, si la société et leur entourage ne sont pas toujours encourageants, leurs conditions respectives se révèlent difficilement compatibles et l’équilibre de ce couple atypique ne tient qu’à un fil.

 

De puissantes émotions, notamment grâce à un excellent casting

 

Perfect Revolution avait tout pour s’avérer plombant. Nombreux sont les films traitant du handicap et peu, finalement, peuvent se targuer d’une tonalité autre qu’ultra-dramatique, ce qui provoque parfois de véritables clichés. Jumpei Matsumoto, le metteur en scène, a su éviter le piège de la sur-dramatisation. Comme il nous a confié lors de la présentation qu’il a animé, son film se veut d’abord un divertissement, même s’il raconte aussi les grandes difficultés que rencontrent les personnes à mobilité réduite, ou atteintes d’une maladie mentale. Ici, il est question de révolution, du moins dans l’esprit de la jeune femme, Ryoko. Petit à petit, Kuma rejoindra cet état d’esprit, non sans garder un état d’esprit bien plus terre à terre. Ce couple, tout d’abord improbable, va prouver que tout ne réside pas toujours dans la faisabilité d’une relation. Petit à petit, l’amour va se construire, pour devenir si solide qu’il ne peut que provoquer une sorte de défi, dans l’entourage proche de ces deux âmes.

 

Perfect Revolution contient un souffle de vitalité que l’on prend plaisir à se prendre en plein visage. Outre que le casting est globalement solide, ce sont les personnages, et leur écriture, qui nous séduisent. Sans chercher à nous rendre les handicapés obligatoirement sympathiques, plus gentils que tout le monde, le réalisateur réussit à nous les rendre profondément humains. Les problématiques tournent autour de sujets qui nous touchent toutes et tous, comme le rapport au sexe, à la confiance accordée, au doute face à l’adversité. Le tout baigne dans un rythme élevé, qui enchaine les situations comiques et plus tragiques, jusqu’à un final un peu maladroit, qui enchaîne les conclusions sans travail sur leur succession. On pardonnera aisément, puisque règne tout de même une émotion très forte, qui pourra faire surgir quelques larmes.

Close Knit (Maille serrée) Extraits de presse

Contrairement à ce que l'on pourrait croire si l'on ne se fiait qu'aux sorties dans nos salles françaises, Naomi Kawase n'est pas l'unique réalisatrice japonaise en activité ! Bien que sa filmographie soit presque invisible chez nous en dehors de Kinotayo, Naoko Ogigami (Megane, Rent a Cat) en est déjà à son septième long métrage, et c'est à la Berlinale que Close Knit a fait sa première mondiale, où il a d'ailleurs d'ailleurs reçu une mention au Teddy Award. On pourrait traduire ce drôle de titre par "maille serrée". Mais quelles sont les mailles en question? Certainement pas celles qui unissent Tomo, onze ans, à sa famille, composée d'une mère alcoolique et démissionnaire, et d'un père inexistant. Après un énième abandon, Tomo se retrouve confiée à son oncle, et à la fiancée de ce dernier: Rinko. Or Rinko est une jeune femme transsexuelle.

L'effet de surprise chez Tomo dure... quelques secondes. Et face à cette situation, comme face à son ancienne vie, elle garde une regard bienveillant. Le film fait pareil, et écarte avec une grande simplicité ces enjeux-là. Il faut dire que Rinko est à la fois la mère et la grande sœur idéale: une confidente chaleureuse et pleine de bons conseils. Soit dit au passage, il est ironique de voir à quel point Rinko correspond aussi à un fantasme très japonais de la femme au foyer: toujours très serviable envers son mari et disproportionnellement discrète, jusque dans sa voix – un simple murmure. La vie se déroule donc avec bonheur pour cette famille recomposée, entre bentos kawai, balades sous les cerisiers en fleurs, et séances de tricot (c'était donc ça).

A la fois source de chaleur humaine et travail collectif, la métaphore du tricot est entendue. De même, le scénario suit un déroulé attendu, quitte d'ailleurs à prendre parfois un peu trop son temps. Mais c'est également la force du film, qui se sert précisément du cadre fort familier de la comédie dramatique familiale pour fait passer un message des plus subversifs et contemporains. Close Knit est certes tout doux mais, à l'image des tricots de Rinko qui se révèlent être... des bites en laine destinées à être brûlées, le film cache un surprenant point de vue sur la famille.

La réalisatrice Naoko Ogigami, habituée aux histoires sensibles et légèrement décalées (Rent-a-cat, Kamome Diner…) est de retour avec un 7e long-métrage, Close-Knit, présenté au Kinotayo 2017, sur le thème délicat mais ô combien d’actualité de la transsexualité. Si la thématique est omniprésente dans le cinéma international depuis environ deux ans, la cinéaste japonaise se distingue ici par la poésie et la sensibilité qu’elle apporte au sujet, en plus d’un traitement réaliste, direct sans jamais tomber dans la complaisance ou le voyeurisme.

Le film nous conte l’histoire de Tomo, une petite fille de 11 ans qui se retrouve livrée à elle-même lorsque sa mère, instable, décide de suivre un homme. Elle trouve alors refuge chez son oncle, dont la nouvelle compagne, Rinko, est une infirmière transgenre. L’enfant se lie d’une profonde affection pour elle et réveille les instincts maternels de Rinko, qui doit bientôt changer de sexe à l’état civil et subir une dernière opération. Mais les commérages vont bon train autour de cette famille pas comme les autres, d’autant plus que Tomo défend énergiquement la jeune femme face à ses camarades de classe et même des adultes aux idées bien arrêtées…

Une approche sensible, drôle et poétique

Le pitch de Close-Knit laisse clairement entrevoir le cheminement narratif qu’empruntera le film  – parentalité des personnes transgenres, stigmatisation – et si l’on aurait un petit reproche à faire à cette comédie dramatique, c’est de forcer un peu trop le trait par moments pour faire passer des intentions pourtant claires et développées avec beaucoup de finesse. Ainsi, la mère de l’un des camarades de Tomo apparaît comme une harpie absolue, presque l’Antéchrist, à tel point que son fils, qui défend sa camarade, en paiera très durement le prix. Bien entendu, la stigmatisation des personnes transgenres est réelle et ô combien injuste et douloureuse pour les personnes concernées, mais cette transphobie est souvent bien plus insidieuse que le comportement schématique qui est le plus mis en avant dans le film, même si différents types d’obstacles et de réactions sont montrés…

Mais si l’on fait abstraction de cette réserve, Close-Knit a de très belles choses à nous offrir dans sa fabrique, son maillage même : le thème de la parentalité transgenre et de la transsexualité expliquée aux enfants sont abordés avec une très grande sensibilité, et l’intrigue en elle-même est vue à travers un prisme poétique et gentiment décalé, le tout servi par une mise en scène sobre et élégante.

L’histoire est développée de manière touchante, avec des dialogues excellents, parvenant à concilier humour, poésie et “parler vrai” sans tomber dans des excès qu’un cinéma américain ou hexagonal n’aurait pas évité. Le hobby et la discipline de Rinko, qui tricote ce qui ressemble à des pénis chaque jour avant de changer officiellement de sexe, sont utilisés de manière fantaisiste mais finalement très pertinente. Surtout, cette histoire familiale compliquée et ces personnages apparaissent comme très réels, et non de simples prétextes pour faire passer un message même si message, bien entendu, il y a. Le trio au centre duquel trône la petite Tomo, sensible et vive d’esprit, est attachant et l’on sent toute la tendresse de la réalisatrice pour ces protagonistes.

Le désir de maternité de Rinko est abordé de manière assez naturelle au sein de l’intrigue, avec délicatesse, et les tons crème de l’image, fort apaisants, contribuent à créer cette impression de cocon dont la petite fille a tant besoin et que rêve de créer l’infirmière en transition. Le film de Naoko Ogigami est à la fois rythmé, avec de nombreuses scènes comiques, tout en s’octroyant des moments d’émotion importants (sans trop de pathos, par ailleurs) et des séquences d’exquise contemplation. Ce sont dans ces moments de respiration que le film trouve aussi son cœur et son pouls, et dépasse définitivement la façon assez didactique dont son joli message de tolérance est délivré. On  retiendra tout particulièrement l’interprétation bouleversante de Toma Ikuta, ancien chanteur dans des groupes populaires, et qui donne vie à Rinko avec douceur et humour, mais aussi celle de la jeune Rinka Kakihara, d’un naturel confondant.

WOW! Close-Knit est tellement un film beau et touchant. Ce film fait partie de la section LGBTQ du festival et c’est un film qui vaut le déplacement.

Même si ce drame a une histoire quelque peu sans extravagance, l’histoire de Close-Knit est une belle surprise. C’est une histoire de famille bien normale, mais cette petite touche (le personnage de Rinko) vient totalement changer la donne.

Le scénario nous fait découvrir la vie de tous les jours de Tomo, Makio et Rinko. Ce n’est pas toujours facile pour Rinko de vivre dans la société d’aujourd’hui. Les préjugés (et même la peur) envers les personnes trans sont bien représentés, même s’il ne devrait pas en avoir. Plusieurs événements dans le film montrent le « malaise » de certaines personnes qui sont portées à faire des gestes envers les transgenres (ce n’est rien de grave, mais c’est quand même triste et déchirant à voir). Ce n’est pas que Rinko qui est affecté par les réactions de la société, c’est aussi ceux qui les entourent qui en subissent aussi les conséquences.

L’histoire est une petite douceur amusante à voir. Ça se reflète dans la narration et dans le jeu des personnages qui sont fabuleux. J’adore le fait que l’histoire porte autour d’un personnage transgenre, mais ce qui est légèrement décevant, c’est que le personnage de Rinko n’est pas joué par une personne trans. C’est une Idole très populaire au Japon (Toma Ikuta). Mais bon, c’est seulement au moment de faire cette critique que je me suis rendu compte de ce fait. Ça n’a pas du tout affecté mon opinion que j’ai sur ce film puisque Toma Ikuta est à s’y méprendre à l’écran. En plus, les trois personnages (Tomo, Rinko et Makio) ont tellement une belle chimie ensemble. Ce lien familial est absolument beau et touchant puisqu’il a un moment où la jeune Tomo réalise ce que les gens pensent de Rinko et elle la défend. C’est un beau moment magique.

 

Bref, Close-Knit fait un grand pas en incorporant un personnage transgenre au cinéma. Même si le scénario ne raconte pas des aventures rocambolesques, ce drame est désarmant et émouvant à voir. Si seulement tout le monde pouvait voir ce film afin de mieux comprendre la situation des personnes transgenre, je crois que ça évitera beaucoup de problèmes pour ses personnes qui ont une vie normale comme n’importe qui. Close-Knit est un grand film.

 Close-Knit est le second film que j’ai pu voir lors du festival Kinotayo. Et c’est clairement mon coup de coeur! Une ode à la tolérance et à la différence, avec un brin de subversivité et d’ironie qui vient soutenir le tout! Une pépite pleine d’émotion qui m’a régalé!

Tomo (Rinka Kakihara), une jeune Japonaise de 11 ans vit seule avec sa mère Hiromi (Mimura). Une mère absente qui passe son temps à sortir et faire la fête et qui ne s’occupe pratiquement pas d’elle. Pire, elle va s’absenter pour partir avec son copain du moment, et elle va confier la garde de Tomo à son frère Makio (Kenta Kiritani). Lorsqu’il récupère sa nièce, Makio lui annonce qu’il vit avec quelqu’un de “spécial”.

Cette personne, c’est Rinko (Toma Ikuta), une femme transgenre. Passé la première surprise, Tomo et Rinko vont très vite développer un lien de plus en plus fort. Rinko jouant à la fois le rôle de mère et de grande soeur pour Tomo-chan. Une relation tellement loin de ce que Tomo a pu connaitre avec sa mère.

À tel point que Makio et Rinko songent à adopter Tomo. Pour cela, il reste à Rinko, désormais dans un corps de femme à devenir une femme aux yeux de l’état civil.

Mon avis

Comme Tomo, on est de prime abord un peu surpris par Rinko qui est vraiment dans le cliché le plus total de la  femme japonaise! Discrète, serviable, excellente cuisinière… Et puis rapidement on oublie cela et on apprécie la douceur du personnage. Une douceur teintée d’une dose de subversivité (les pénis en tricot, c’est quelque chose) d’un humour à toute épreuve et d’une résilience impressionnante! Car on va découvrir une partie de sa vie et du combat qu’elle a dû mener pour obtenir un corps en adéquation avec sa véritable identité sexuelle. Un long parcours où elle pourra compter sur le soutien inconditionnel de sa mère!

Mais Close-Knit n’est pas juste un long fleuve tranquille! Il montre aussi l’ineptie des préjugés d’une partie de la société envers les transgenres. Que la “normalité” ne veut finalement pas dire grand-chose. Et même si cela peut paraître très guimauve, seul l’amour compte! L’attachement et l’attention de Rinko envers Tomo sont réels et profonds. Et c’est d’ailleurs une vraie leçon de vie pour Tomo (et le spectateur) de découvrir et de faire face aux préjugés, comme ceux d’une mère d’un camarade de classe ou même de sa propre mère. Et accessoirement de découvrir que le tricot peut être un excellent exutoire à la colère ressentie. ?

Une forme d’exutoire qui renvoie par ailleurs au passé de la mère de Tomo et explique son aversion des vêtements en laine! Une mère qui du coup trimbale ce passé qui fait d’elle ce qu’elle est. Elle n’est pas juste la caricature de la mauvaise mère.

Le juste titre

Le titre japonais, 彼らが本気で編むときは、 peut être traduit littéralement par “Quand ils tricotent sérieusement” (merci google traduction). Mais du coup, j’ai trouvé le titre international “Close-Knit” très astucieux, car cela signifie liens étroits, mais cela renvoi aussi au tricot, qui reste une symbolique très forte du film! Bien vu!

Un beau témoignage

J’avoue qu’en tant qu’hétérosexuel, je me suis peu intéressé aux problématiques des transgenres, tout en respectant leurs choix. Du coup, Close-Knit apporte un éclairage tout à fait intéressant. Une sorte de “vulgarisation” pour le profane que je suis. Et de rappeler toute la force de caractère (la résilience que j’évoquais) pour faire face lorsque l’on un corps qui ne correspond pas à votre sexe!

Et aussi de démontrer qu‘être différent ne veut pas dire que l’on vaut moins que les autres, on est juste différent. On pense également à la parabole de la paille et la poutre! Avant de dénigrer ceux qui ne sont pas comme vous, préoccupez-vous plutôt de vous et de vos proches. Une leçon pour la mère de Kai qui enjoint à son fils de ne plus fréquenter Tomo parcequ’il est avec une personne “anormale” (Rinko), mais qui ne voit pas (ou qui ne veut pas voir) le désarroi de son fils qui éprouve des sentiments pour un autre garçon et qui ne sait pas comment le gérer. Qui ne comprend pas cette notion de “normalité” qui ne fait que le plonger encore plus dans le doute.

Close-Knit est une très belle façon de rappeler que ce qui compte ce n’est pas ta sexualité, c’est comment tu vis ta vie et comment tu prends soin de ceux que tu aimes. Un film que l’on devrait montrer à tous les rétrogrades de “La manif pour tous”. Même si je doute que l’on puisse faire changer d’avis de tels imbéciles!

Le casting

Les acteurs sont magnifiques! Rinka Kakihara est trop kawaii, et on s’attache très vite à son personnage de petite fille très mure et déjà dotée d’un fort caractère! Mais c’est bien sûr Toma Ikuta qui est bluffant! Très féminin (malgré ses grandes mains), il incarne parfaitement ce personnage, plein de force et de douceur à la fois. Très vite, on le considère comme une femme.

Au final

Vous l’aurez compris, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Close-Knit! Un film plein d’émotions (j’ai autant chialé que sur un bon épisode de This is Us, c’est pour vous dire), de tendresse et aussi de piquant. Mais aussi plein de moments joyeux et loufoques. Rinko et ses 108 pénis en laine, Tomo qui asperge la mère de Kai de liquide vaisselle, la mère de Rinko un brin allumé (et en boucle sur la “pousse” de la poitrine de Tomo). Bref, même si le film renvoie à la dureté du regard que posent une partie des gens (l’infirmière à l’hôpital et la chambre pour femme), il reste très positif et résolument optimiste et bienveillant. Une bienveillance que l’on oublie bien trop dans nos vies je trouve. Et son regard sur la famille un brin subversif est assez jouissif!

Je suis ressorti de ma séance plein de belles images, de bons moments, le coeur léger, chargé d’émotions.

Oh Lucy! extraits de presse

Le film est une « extension » du court-métrage singapourien éponyme primé à la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2014. Co-production américano-japonaise, Oh Lucy ! le long métrage s’inscrit dans la lignée des œuvres ayant abordé la confrontation entre les cultures occidentale et nippone, du Pont de la rivière Kwaï à The Pillow Book et Lost in Translation en passant par Furyo et Stupeur et tremblements. Si le film d’Atsuko Hirayangi est loin de valoir ces modèles et s’inscrit plutôt dans un registre mineur, il n’en distille pas moins un charme réel, qui tient à son ton décalé, un mélange des genres déconcertant mais audacieux, ainsi qu’un scénario se jouant des clichés linguistiques et sociétaux pour mieux les contourner. La première partie est la plus réussie, avec sa description d’un certain univers aseptisé japonais (le lieu de travail de Setsuko, les quais de métro sur lesquels patientent des usagers dociles et masqués), qui va contraster avec l’excentricité du cours d’« anglais américain ».

Atsuko Hirangi part du principe que l’apprentissage d’une langue étrangère passe par l’adoption d’une autre personnalité. Aussi, Setsuko se conforme sans rechigner à ce jeu de rôle, se laissant griser et duper par les gestes conviviaux de son formateur, au point d’adopter un comportement de midinette qui risque de lui être fatal. Dans les quarante-cinq premières minutes du film, la réalisatrice concocte ainsi des scènes de comédie cocasses, imprégnées de gravité, alors que les scènes dramatiques à venir seront quant à elles nuancées par une tonalité fantaisiste. Ce décalage est une qualité, mais tourne un peu en rond lorsque notre amoureuse décide de s’envoler pour Los Angeles, flanquée d’une sœur avec laquelle elle entretient une relation presque aussi conflictuelle que celle unissant Bette Davis et Joan Crawford dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?

Car là, le récit se fait plus pesant et s’enlise dans les travers d’un certain cinéma indépendant américain, essayant d’imiter (en moins bien, forcément) des œuvres signées naguère Susan Seidelman ou Steve Buscemi. Ceci dit, Oh Lucy ! reste un attachant portrait de femme en proie à la crise de la cinquantaine, et est bien porté par des acteurs inspirés, à commencer par Shinobu Terajima, l’héroïne du Soldat bleu de Koji Wakamatsu. Elle est bien épaulée par Kôji Yakusho, qui fut l’interprète de L’Anguille de Shohei Imamura, et surtout Josh Hartnett (Pearl Harbor), étonnant dans un registre éloigné de ses habituelles prestations.

Présenté à la 56ème semaine de la Critique à Cannes, Oh Lucy! est l’adorable tragi-comédie japonaise qui manquait au festival pour le rendre plus humain.

La vie sans saveur de Setsuko (Shinobu Terajima), quarantenaire neurasthénique, prend un tournant insolite lorsqu’elle décide de prendre des cours d’anglais avec John (Josh Hartnett). Affublée d’une perruque blonde, elle se fait appeler Lucy, envoie tout balader et embarque sa sœur dans une folle virée en California.

Ce pitch laisse présager d’une sorte de Thelma et Louise à la japonaise mais il n’en est rien : Oh Lucy!, d’une mélancolie teintée d’impertinence, refuse de glamouriser la crise de la quarantaine de son héroïne. Le cri de délivrance de Setsuko, non sans conséquence, est un long chemin pavé de petits bonheurs mais surtout de fiascos assez pathétiques, dans lesquels on se reconnaîtra forcément en partie. Le revers de ce parti-pris est un traitement assez réaliste de l’image et on aurait souhaité vivre quelques moments d’exception, quelques instants de grâce visuelle qui amènerait le film d’Atsuko Hirayanagi beaucoup plus haut.

Oh Lucy! transcende la peur de vieillir pour façonner cette jolie fuite en avant, projection douce-amère de nos désillusions.

Le film commence tout en légèreté. Une histoire banale au Japon avec une femme, Setsuko, qui travaille dans un métier qui ne lui correspond pas et qui va voir sa vie égayée par un professeur d’anglais. Au début, on sourit beaucoup, on rit, et plus le temps passe, plus le film s’assombrie, nous faisant découvrir les craintes du personnage principal et l’histoire de sa famille. Au fur et à mesure que le temps passe dans le film, nous nous sentons touchés par l’histoire de cette femme à la recherche de l’amour, incomprise par sa famille et qui se retrouve baignée dans une solitude profonde. Son départ aux côtés de sa sœur à Los Angeles va bouleverser tous les personnages : entre histoires de famille et cœurs brisés, la réalisatrice nous fait vivre un voyage haut en émotions !

 

Le plus saisissant dans ce film réside dans la dualité des situations pittoresques et des situations dramatiques. Parfois, on a eu envie de rire et pourtant, ce qu’il se passe à l’écran a un côté profondément poignant qui nous renvoie rapidement à la réalité. Voici là la force d’Atsuko Hirayanagi : entre rires et pleurs, elle nous mène par le bout du nez jusqu’à en perdre le souffle.

Après un passage par la Semaine de la Critique pendant le Festival de Cannes, Oh Lucy de HIRAYANAGI Atsuko s’annonçait comme le film grand public de ce Kinotayo 2017. En adaptant son propre court-métrage de fin d’études ayant raflé une trentaine de prix dans des festivals internationaux, HIRAYANAGI Atsuko signe avec Oh Lucy! son premier long métrage. Avec une intrigue se déroulant entre les États-Unis et le Japon, Oh Lucy! possède ce caractère biculturel qui n’est pas sans rappeler Map of the Sounds of Tokyo de Isabel COIXET ou Lost In Translation de Sofia COPPOLA. Le film suit les aventures de Setsuko – a.k.a. Lucy – quittant Tokyo pour le Sud californien à la recherche de sa nièce Mika et de John, son professeur d’anglais duquel elle s’est éprise.

Malgré la présence de KUTSUNA Shiori, la véritable qualité d’Oh Lucy! réside dans son casting. Grâce à la présence d’une TERAJIMA Shinobu emplie de sincérité et d’un Josh HARTNETT dont la classe et la prestance ne finiront jamais de nous étonner, le film d’Atsuko HIRAYANAGI surprend par sa crédibilité. De surcroît, ayant fait ses études aux États-Unis, la réalisatrice se sert de ses expériences pour apporter un certain réalisme dans les interactions entre Japonais et États-Uniens.

Cependant, si dans sa propre vie HIRAYANAGI Atsuko a pu trouver aux États-Unis un paradis lui ayant permis de fuir la morosité de son Japon natal, le traitement cinématographique de cette histoire aux allures de « l’herbe est plus verte ailleurs » semble un peu facile. Si KIKUCHI Rinko quittait un Tokyo grisâtre pour un Minnesota tout aussi grisâtre dans Kumiko, the Treasure Hunter de David ZELLNER, Setsuko nous mène, quant à elle, vers une Californie ensoleillée recouverte d’un étalonnage des plus clichés lorsque l’on traite des régions sud des États-Unis. Bien que le troisième acte du film vienne apporter un peu de couleurs dans cette ville qu’est Tokyo, Oh Lucy! reste un film grand public qui porte en lui toutes les facilités scénaristiques que cela implique.

Soleil d’Or ex aequo de ce Kinotayo 2017, Oh Lucy! sortira le 31 janvier sur les écrans français grâce à Nour Films.

Présenté lors du Kinotayo 2017, douzième édition du festival du cinéma japonais contemporain, Oh Lucy! est précédé d’une réputation pour le moins flatteuse. Le premier film de la réalisatrice Atsuko Hirayanagi, et version longue d’un court métrage de fin d’études (effectuées aux États-Unis), fut présenté lors de la Semaine de la Critique, cette année à Cannes, et a emporté l’adhésion d’un grand nombre de spectateurs, à tel point que l’œuvre sera distribuée en France, en salles dès le 31 janvier 2018. Une bonne décision ? Oh, que oui…

Setsuko mène une vie solitaire et sans saveur à Tokyo entre son travail et son appartement, jusqu’à ce que sa nièce Mika la persuade de prendre sa place à des cours d’anglais très singuliers. Cette expérience agit comme un électrochoc sur Setsuko. Affublée d’une perruque blonde, elle s’appelle désormais Lucy et s’éprend de John son professeur ! Alors, quand Mika et John disparaissent, Setsuko envoie tout balader et embarque sa sœur, dans une quête qui les mène de Tokyo au Sud Californien. La folle virée des deux sœurs, qui tourne aux règlements de compte, permettra-t- elle à Setsuko de trouver l’amour ?

Si le cinéma a su s’emparer de la crise de la quarantaine chez l’homme, dans différentes tonalités, c’est un peu moins vrai avec les femmes. Pourtant, il est indéniable que certaines d’entre elles traversent, à l’occasion de cette évolution, des moments difficiles qui méritent d’être abordés. C’est le cas dans le croustillant Oh Lucy!, qui construit l’un des personnages les plus intéressants que l’on ait vu sur un écran, depuis un moment. Interprétée par l’excellente Shinobu Terajima (R100, Vibrator), Setsuko, une japonaise clairement hors normes, va trouver du réconfort dans les bras amicaux d’un américain professeur de langue. La séquence de la découverte de ce cours pas comme les autres démontre à quel point les relations distantes sont pesantes, et explosent dès qu’un grain de sable vient contrarier la mécanique plus ou moins huilée.

Naissance d’une réalisatrice à suivre

Cette prise de confiance va se transformer en coup de foudre, puis Oh Lucy! débutera une sorte de road movie délicieux, bourré d’humour, parfois bien piquant. Car la réalisatrice, si elle se concentre avant tout sur le pouvoir divertissant de son scénario, ne refuse jamais un petit taquet, jamais gratuit ni marqué par une quelconque idéologie. Le film n’a rien de féministe, au fond, et si cette femme, qui donne son surnom américain au titre, se démarque autant, c’est par le réalisme de ses réactions, ou plutôt grâce à la description qui nous la rend réaliste. La deuxième partie décolle, direction Los Angeles, et le buddy movie n’est plus loin. En effet, la sœur de Setsuko (Kaho Minami, vue dans The Great Yokai War) s’engage dans l’objectif, qui devient commun. De par leurs différences fondamentales, les personnages savent renouveler l’intérêt, tout du long, en créant bien des situations cocasses, jusqu’à un final en rupture, que nous ne vous dévoilerons évidemment pas.

Oh Lucy! est l’occasion de découvrir un casting irrésistible (même si Josh Hartnett ne nous convainc pas totalement), mais aussi une réalisatrice que l’on pense promise à un bel avenir. De par son choix de garder, la plupart du temps, la caméra très près de ses personnages (à l’exception de plans d’ailleurs un peu moins réussis), Atsuko Hirayanagi fait naître une intimité précieuse, qui nous permet de coller à l’état d’esprit du personnage principal. Une décision salvatrice, tant elle permet au film de gagner en intensité dramatique, en s’éloignant de la simple comédie légère. L’œuvre est bien plus que ça, et cela aurait été dommage de ne pas en prendre conscience.

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