Close Knit (Maille serrée) Extraits de presse

Contrairement à ce que l'on pourrait croire si l'on ne se fiait qu'aux sorties dans nos salles françaises, Naomi Kawase n'est pas l'unique réalisatrice japonaise en activité ! Bien que sa filmographie soit presque invisible chez nous en dehors de Kinotayo, Naoko Ogigami (Megane, Rent a Cat) en est déjà à son septième long métrage, et c'est à la Berlinale que Close Knit a fait sa première mondiale, où il a d'ailleurs d'ailleurs reçu une mention au Teddy Award. On pourrait traduire ce drôle de titre par "maille serrée". Mais quelles sont les mailles en question? Certainement pas celles qui unissent Tomo, onze ans, à sa famille, composée d'une mère alcoolique et démissionnaire, et d'un père inexistant. Après un énième abandon, Tomo se retrouve confiée à son oncle, et à la fiancée de ce dernier: Rinko. Or Rinko est une jeune femme transsexuelle.

L'effet de surprise chez Tomo dure... quelques secondes. Et face à cette situation, comme face à son ancienne vie, elle garde une regard bienveillant. Le film fait pareil, et écarte avec une grande simplicité ces enjeux-là. Il faut dire que Rinko est à la fois la mère et la grande sœur idéale: une confidente chaleureuse et pleine de bons conseils. Soit dit au passage, il est ironique de voir à quel point Rinko correspond aussi à un fantasme très japonais de la femme au foyer: toujours très serviable envers son mari et disproportionnellement discrète, jusque dans sa voix – un simple murmure. La vie se déroule donc avec bonheur pour cette famille recomposée, entre bentos kawai, balades sous les cerisiers en fleurs, et séances de tricot (c'était donc ça).

A la fois source de chaleur humaine et travail collectif, la métaphore du tricot est entendue. De même, le scénario suit un déroulé attendu, quitte d'ailleurs à prendre parfois un peu trop son temps. Mais c'est également la force du film, qui se sert précisément du cadre fort familier de la comédie dramatique familiale pour fait passer un message des plus subversifs et contemporains. Close Knit est certes tout doux mais, à l'image des tricots de Rinko qui se révèlent être... des bites en laine destinées à être brûlées, le film cache un surprenant point de vue sur la famille.

La réalisatrice Naoko Ogigami, habituée aux histoires sensibles et légèrement décalées (Rent-a-cat, Kamome Diner…) est de retour avec un 7e long-métrage, Close-Knit, présenté au Kinotayo 2017, sur le thème délicat mais ô combien d’actualité de la transsexualité. Si la thématique est omniprésente dans le cinéma international depuis environ deux ans, la cinéaste japonaise se distingue ici par la poésie et la sensibilité qu’elle apporte au sujet, en plus d’un traitement réaliste, direct sans jamais tomber dans la complaisance ou le voyeurisme.

Le film nous conte l’histoire de Tomo, une petite fille de 11 ans qui se retrouve livrée à elle-même lorsque sa mère, instable, décide de suivre un homme. Elle trouve alors refuge chez son oncle, dont la nouvelle compagne, Rinko, est une infirmière transgenre. L’enfant se lie d’une profonde affection pour elle et réveille les instincts maternels de Rinko, qui doit bientôt changer de sexe à l’état civil et subir une dernière opération. Mais les commérages vont bon train autour de cette famille pas comme les autres, d’autant plus que Tomo défend énergiquement la jeune femme face à ses camarades de classe et même des adultes aux idées bien arrêtées…

Une approche sensible, drôle et poétique

Le pitch de Close-Knit laisse clairement entrevoir le cheminement narratif qu’empruntera le film  – parentalité des personnes transgenres, stigmatisation – et si l’on aurait un petit reproche à faire à cette comédie dramatique, c’est de forcer un peu trop le trait par moments pour faire passer des intentions pourtant claires et développées avec beaucoup de finesse. Ainsi, la mère de l’un des camarades de Tomo apparaît comme une harpie absolue, presque l’Antéchrist, à tel point que son fils, qui défend sa camarade, en paiera très durement le prix. Bien entendu, la stigmatisation des personnes transgenres est réelle et ô combien injuste et douloureuse pour les personnes concernées, mais cette transphobie est souvent bien plus insidieuse que le comportement schématique qui est le plus mis en avant dans le film, même si différents types d’obstacles et de réactions sont montrés…

Mais si l’on fait abstraction de cette réserve, Close-Knit a de très belles choses à nous offrir dans sa fabrique, son maillage même : le thème de la parentalité transgenre et de la transsexualité expliquée aux enfants sont abordés avec une très grande sensibilité, et l’intrigue en elle-même est vue à travers un prisme poétique et gentiment décalé, le tout servi par une mise en scène sobre et élégante.

L’histoire est développée de manière touchante, avec des dialogues excellents, parvenant à concilier humour, poésie et “parler vrai” sans tomber dans des excès qu’un cinéma américain ou hexagonal n’aurait pas évité. Le hobby et la discipline de Rinko, qui tricote ce qui ressemble à des pénis chaque jour avant de changer officiellement de sexe, sont utilisés de manière fantaisiste mais finalement très pertinente. Surtout, cette histoire familiale compliquée et ces personnages apparaissent comme très réels, et non de simples prétextes pour faire passer un message même si message, bien entendu, il y a. Le trio au centre duquel trône la petite Tomo, sensible et vive d’esprit, est attachant et l’on sent toute la tendresse de la réalisatrice pour ces protagonistes.

Le désir de maternité de Rinko est abordé de manière assez naturelle au sein de l’intrigue, avec délicatesse, et les tons crème de l’image, fort apaisants, contribuent à créer cette impression de cocon dont la petite fille a tant besoin et que rêve de créer l’infirmière en transition. Le film de Naoko Ogigami est à la fois rythmé, avec de nombreuses scènes comiques, tout en s’octroyant des moments d’émotion importants (sans trop de pathos, par ailleurs) et des séquences d’exquise contemplation. Ce sont dans ces moments de respiration que le film trouve aussi son cœur et son pouls, et dépasse définitivement la façon assez didactique dont son joli message de tolérance est délivré. On  retiendra tout particulièrement l’interprétation bouleversante de Toma Ikuta, ancien chanteur dans des groupes populaires, et qui donne vie à Rinko avec douceur et humour, mais aussi celle de la jeune Rinka Kakihara, d’un naturel confondant.

WOW! Close-Knit est tellement un film beau et touchant. Ce film fait partie de la section LGBTQ du festival et c’est un film qui vaut le déplacement.

Même si ce drame a une histoire quelque peu sans extravagance, l’histoire de Close-Knit est une belle surprise. C’est une histoire de famille bien normale, mais cette petite touche (le personnage de Rinko) vient totalement changer la donne.

Le scénario nous fait découvrir la vie de tous les jours de Tomo, Makio et Rinko. Ce n’est pas toujours facile pour Rinko de vivre dans la société d’aujourd’hui. Les préjugés (et même la peur) envers les personnes trans sont bien représentés, même s’il ne devrait pas en avoir. Plusieurs événements dans le film montrent le « malaise » de certaines personnes qui sont portées à faire des gestes envers les transgenres (ce n’est rien de grave, mais c’est quand même triste et déchirant à voir). Ce n’est pas que Rinko qui est affecté par les réactions de la société, c’est aussi ceux qui les entourent qui en subissent aussi les conséquences.

L’histoire est une petite douceur amusante à voir. Ça se reflète dans la narration et dans le jeu des personnages qui sont fabuleux. J’adore le fait que l’histoire porte autour d’un personnage transgenre, mais ce qui est légèrement décevant, c’est que le personnage de Rinko n’est pas joué par une personne trans. C’est une Idole très populaire au Japon (Toma Ikuta). Mais bon, c’est seulement au moment de faire cette critique que je me suis rendu compte de ce fait. Ça n’a pas du tout affecté mon opinion que j’ai sur ce film puisque Toma Ikuta est à s’y méprendre à l’écran. En plus, les trois personnages (Tomo, Rinko et Makio) ont tellement une belle chimie ensemble. Ce lien familial est absolument beau et touchant puisqu’il a un moment où la jeune Tomo réalise ce que les gens pensent de Rinko et elle la défend. C’est un beau moment magique.

 

Bref, Close-Knit fait un grand pas en incorporant un personnage transgenre au cinéma. Même si le scénario ne raconte pas des aventures rocambolesques, ce drame est désarmant et émouvant à voir. Si seulement tout le monde pouvait voir ce film afin de mieux comprendre la situation des personnes transgenre, je crois que ça évitera beaucoup de problèmes pour ses personnes qui ont une vie normale comme n’importe qui. Close-Knit est un grand film.

 Close-Knit est le second film que j’ai pu voir lors du festival Kinotayo. Et c’est clairement mon coup de coeur! Une ode à la tolérance et à la différence, avec un brin de subversivité et d’ironie qui vient soutenir le tout! Une pépite pleine d’émotion qui m’a régalé!

Tomo (Rinka Kakihara), une jeune Japonaise de 11 ans vit seule avec sa mère Hiromi (Mimura). Une mère absente qui passe son temps à sortir et faire la fête et qui ne s’occupe pratiquement pas d’elle. Pire, elle va s’absenter pour partir avec son copain du moment, et elle va confier la garde de Tomo à son frère Makio (Kenta Kiritani). Lorsqu’il récupère sa nièce, Makio lui annonce qu’il vit avec quelqu’un de “spécial”.

Cette personne, c’est Rinko (Toma Ikuta), une femme transgenre. Passé la première surprise, Tomo et Rinko vont très vite développer un lien de plus en plus fort. Rinko jouant à la fois le rôle de mère et de grande soeur pour Tomo-chan. Une relation tellement loin de ce que Tomo a pu connaitre avec sa mère.

À tel point que Makio et Rinko songent à adopter Tomo. Pour cela, il reste à Rinko, désormais dans un corps de femme à devenir une femme aux yeux de l’état civil.

Mon avis

Comme Tomo, on est de prime abord un peu surpris par Rinko qui est vraiment dans le cliché le plus total de la  femme japonaise! Discrète, serviable, excellente cuisinière… Et puis rapidement on oublie cela et on apprécie la douceur du personnage. Une douceur teintée d’une dose de subversivité (les pénis en tricot, c’est quelque chose) d’un humour à toute épreuve et d’une résilience impressionnante! Car on va découvrir une partie de sa vie et du combat qu’elle a dû mener pour obtenir un corps en adéquation avec sa véritable identité sexuelle. Un long parcours où elle pourra compter sur le soutien inconditionnel de sa mère!

Mais Close-Knit n’est pas juste un long fleuve tranquille! Il montre aussi l’ineptie des préjugés d’une partie de la société envers les transgenres. Que la “normalité” ne veut finalement pas dire grand-chose. Et même si cela peut paraître très guimauve, seul l’amour compte! L’attachement et l’attention de Rinko envers Tomo sont réels et profonds. Et c’est d’ailleurs une vraie leçon de vie pour Tomo (et le spectateur) de découvrir et de faire face aux préjugés, comme ceux d’une mère d’un camarade de classe ou même de sa propre mère. Et accessoirement de découvrir que le tricot peut être un excellent exutoire à la colère ressentie. ?

Une forme d’exutoire qui renvoie par ailleurs au passé de la mère de Tomo et explique son aversion des vêtements en laine! Une mère qui du coup trimbale ce passé qui fait d’elle ce qu’elle est. Elle n’est pas juste la caricature de la mauvaise mère.

Le juste titre

Le titre japonais, 彼らが本気で編むときは、 peut être traduit littéralement par “Quand ils tricotent sérieusement” (merci google traduction). Mais du coup, j’ai trouvé le titre international “Close-Knit” très astucieux, car cela signifie liens étroits, mais cela renvoi aussi au tricot, qui reste une symbolique très forte du film! Bien vu!

Un beau témoignage

J’avoue qu’en tant qu’hétérosexuel, je me suis peu intéressé aux problématiques des transgenres, tout en respectant leurs choix. Du coup, Close-Knit apporte un éclairage tout à fait intéressant. Une sorte de “vulgarisation” pour le profane que je suis. Et de rappeler toute la force de caractère (la résilience que j’évoquais) pour faire face lorsque l’on un corps qui ne correspond pas à votre sexe!

Et aussi de démontrer qu‘être différent ne veut pas dire que l’on vaut moins que les autres, on est juste différent. On pense également à la parabole de la paille et la poutre! Avant de dénigrer ceux qui ne sont pas comme vous, préoccupez-vous plutôt de vous et de vos proches. Une leçon pour la mère de Kai qui enjoint à son fils de ne plus fréquenter Tomo parcequ’il est avec une personne “anormale” (Rinko), mais qui ne voit pas (ou qui ne veut pas voir) le désarroi de son fils qui éprouve des sentiments pour un autre garçon et qui ne sait pas comment le gérer. Qui ne comprend pas cette notion de “normalité” qui ne fait que le plonger encore plus dans le doute.

Close-Knit est une très belle façon de rappeler que ce qui compte ce n’est pas ta sexualité, c’est comment tu vis ta vie et comment tu prends soin de ceux que tu aimes. Un film que l’on devrait montrer à tous les rétrogrades de “La manif pour tous”. Même si je doute que l’on puisse faire changer d’avis de tels imbéciles!

Le casting

Les acteurs sont magnifiques! Rinka Kakihara est trop kawaii, et on s’attache très vite à son personnage de petite fille très mure et déjà dotée d’un fort caractère! Mais c’est bien sûr Toma Ikuta qui est bluffant! Très féminin (malgré ses grandes mains), il incarne parfaitement ce personnage, plein de force et de douceur à la fois. Très vite, on le considère comme une femme.

Au final

Vous l’aurez compris, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Close-Knit! Un film plein d’émotions (j’ai autant chialé que sur un bon épisode de This is Us, c’est pour vous dire), de tendresse et aussi de piquant. Mais aussi plein de moments joyeux et loufoques. Rinko et ses 108 pénis en laine, Tomo qui asperge la mère de Kai de liquide vaisselle, la mère de Rinko un brin allumé (et en boucle sur la “pousse” de la poitrine de Tomo). Bref, même si le film renvoie à la dureté du regard que posent une partie des gens (l’infirmière à l’hôpital et la chambre pour femme), il reste très positif et résolument optimiste et bienveillant. Une bienveillance que l’on oublie bien trop dans nos vies je trouve. Et son regard sur la famille un brin subversif est assez jouissif!

Je suis ressorti de ma séance plein de belles images, de bons moments, le coeur léger, chargé d’émotions.

 

 

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