El Reino

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Rodrigo Sorogoyen s’est taillé une place de choix au sein du cinéma espagnol avec l’épatant Que Dios nos perdone, découvert par le public français au Festival de Beaune. C’est fort logiquement que la manifestation accueille au coeur de sa 11e édition son nouveau long-métrage : El Reino.

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Il en confie une nouvelle foi le premier rôle au spectaculaire Antonio de la Torre, qui interprète ici un politicien de l’ombre, artisan discret et efficace de l’emprise de son parti, dont il dirige en partie de larges opérations de corruption et abus de bien sociaux. Lorsque des accusations de corruption le visent, menaçant son avenir, il opte pour la stratégie de la terre brûlée et tente d’engendrer un scandale plus vaste encore pour faire tomber plus gros que lui.

 

photoVoleur au bord de la crise de nerfs

 

Ce point de départ occasionne immanquablement une entrée en matière aride, aux airs  d’ascension de la face Nord de l’Everest. Nous voilà directement plongés au coeur de tractations, négociations, intimidations, autour d’une affaire de malversements dont on ne saisit jamais véritablement les tenants et aboutissants. L’ouverture se veut technique, la mise en contexte réaliste, et la caractérisation des protagonistes au plus près du tempo affolant de la vie politique.

 

Pour éviter de perdre le public, voire de le noyer sous la quantité d’informations qui éclosent à chaque séquence, Rodrigo Sorogoyen applique un principe théoriquement simple, mais dont il applique la mise en oeuvre avec une fébrilité qui confine au génie : c’est la pensée de son anti-héros, ses affects et coups de bluff qui dicte la mise en scène. La caméra et le montage épousent son souffle, prolongent son regard. Un parti pris dont l’efficacité sidère dès le premier plan, où malgré une séquence chorale réunissant plusieurs personnages inconnus et bavards, on saisit immédiatement les lignes de forces, la démarcation des pouvoirs.

 

photoDe l'art de se regarder dans un miroir

 

Mais El Reino ne se veut pas simplement un réquisitoire politique. Bien sûr, son auteur l’a pensé comme une attaque à la jugulaire contre une institution publique vérolée jusqu’à son sommet, mais Sorogoyen a trop d’envies de cinéma pour se limiter à une intrigue de parloirs. Il pirate ainsi progressivement son propre récit, pour l’amener sur le terrain de la folie douce, puis du suspense brut et enfin celui du trip paranoïde pur.

Et peu importe que le premier acte du métrage se soit un brin étalé. Une fois tous les éléments en place, le scénario, puis le découpage, les rebattent avec une énergie terrassante. De montage alterné en plans séquence retors, le cinéaste truffe son histoire de retournements, de pièges, à la manière d’un chef d’orchestre sadique. Quand soudain la menace ne se fait plus seulement politique et policière, mais bien physique et existentielle, le métrage enchaîne les passages démentiels, éprouvants, où la violence pointe et surgit, mâtinée d'une lueur de désespoir contagieuse.

 

photoUn scandale qui va mal tourner...

 

Avec une maestria confondante, il amène quasiment El Reino sur le terrain inattendu du délire symbolique et du film d’horreur, quand le fabuleux Antonio de la Torre réalise progressivement que son plan génial pourrait ne jamais réussir. Emporté par un raz-de-marée annihilant les notions de bien et de mal, son protagonistes personnifie alors les démons d’une Europe inhumaine et inconséquente, prête à un sacrifice à la Pyrrhus, plutôt qu’à une quelconque remise en cause. L’estocade est puissante, son exécution proche de la perfection. Elle ne fait pas de prisonniers.

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